Une puce électronique a été implantée dans son abdomen afin de suivre son évolution durant cinq ans

Une professeure et des étudiants en biologie du cégep Édouard-Montpetit de Longueuil ont adopté un requin-marteau halicorne au Costa Rica.

Marie-Ève Houde enseigne au cégep de Longueuil depuis huit ans. Elle se dit préoccupée par la survie des requins, et après son cinquième voyage de 26 jours avec 12 étudiants du projet ÉcoAventure dans la péninsule d’Osa, dans le sud-Est du Costa Rica, elle a décidé d’amasser de l’argent pour soutenir l’organisme Mision Tiburon, qui fait des recherches pour la sauvegarde des requins.

Ils ont organisé un marathon de cinq kilomètres pour amasser 3000 $, et des élèves de l’école primaire The Priory School, de Westmount, dont une enseignante et son conjoint participaient au marathon, se sont joints à l’activité pour remettre de leur côté 1000 $.

Une puce pour le suivre

À la fin de juillet dernier, Mme Houde est retournée au Costa Rica pour pêcher et adopter un requin en compagnie de deux biologistes de Mision Tiburon. En cinq minutes à peine, elle en a attrapé un de 70 cm de long et âgé d’environ quatre mois. «Nous l’avons appelé Édouardo en raison du nom du cégep».

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Les biologistes lui ont implanté un minitraceur dans l’abdomen puis ils l’ont remis à l’eau afin de suivre son parcours durant les cinq prochaines années. Un autre petit requin a également été muni d’une puce et a pris le nom de Panthera en guise de remerciement aux élèves de l’école Priory School pour leur contribution.

Édouardo en classe

L’idée d’adopter un requin est assez unique au Québec, à tel point que Marie-Ève Houde estime être la première enseignante à avoir eu cette idée. Désormais, les biologistes vont pouvoir suivre tous les déplacements d’Édouardo.

Tous les deux mois, le cégep recevra les plus récentes données sur Édouardo grâce à son émetteur d’ondes acoustiques. «Mision Tiburon a installé un réseau de récepteurs

sous-marins qui captent les ondes émises par les requins marqués et par Édouardo lorsqu’ils passent à moins d’un kilomètre du récepteur.

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Selon Mme Houde, la réputation qu’ont les requins est exagérée. Sur les 450 espèces existantes, il y en a peut-être trois qui peuvent représenter un danger pour l’homme.

Gabrielle Cormier, de Varennes, était étudiante dans la classe de Mme Houde. «Tout ce que je connaissais des requins, c’était tiré du film Les Dents de la mer. Alors on est allé plonger avec eux et j’ai pu constater qu’ils ne sont pas si dangereux que ça.»

L’étudiante Marjorie Gagnon, de Contrecœur, est heureuse de cette initiative d’adoption d’Édouardo. «On a travaillé fort pour y arriver. Ça va ajouter plus d’information pour comprendre et pour voir que ce sont des espèces dont on a besoin, même si ça ne nous touche pas directement.»

Entre-temps, la professeure caresse déjà le projet d’en adopter un deuxième d’ici un an.

LES REQUINS-MARTEAUX

  • Il existe neuf espèces de requins-marteaux
  • Il y a deux sortes de requins-marteaux halicornes : les migrateurs et les résidents
  • Un requin-marteau adulte peut mesurer jusqu’à trois mètres
  • Son poids peut atteindre 150 kg
  • Il est rarement agressif envers l’humain
  • Il vit en mer tropicale et en eau chaude, particulièrement près des côtes
  • Il se déplace par centaines d’individus
  • Il nage à une profondeur d’environ 275 mètres
  • Son espèce est menacée par la surpêche

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