Le squale, bagué et chassé du lagon, a été aperçu en train de dévorer des viscères de cerf abandonnés. La présence de cette carcasse intrigue.

Sa visite a plongé, en un rien de temps, Poé et les autorités dans l’inquiétude. Samedi, vers 10 heures, un requin d’environ 2,50 mètres a été observé entre la faille Shark et l’îlot Eori, à quelques mètres de la plage. C’est une patrouille des gardes nature de la province Sud en surveillance dans la zone qui a repéré ce squale… bien particulier. Il s’agit, en effet, d’un tigre bagué il y a plusieurs semaines lors des opérations de capture et de déplacement de requins en dehors du lagon, en avril, mai et juin derniers.

Un squale excité

À cette époque, Poé est plongée dans l’horreur. Le 9 avril, Nicole Malignon, une sexagénaire, est tuée par un requin-tigre juvénile dans 1,5mètre d’eau.

Après la psychose, une autre conséquence : une crise grave pour l’économie de la région qui durera des mois. En cause, plusieurs grands squales dans le lagon qui seront, plus tard, capturés, bagués et déplacés hors du lagon.

Mais aucune explication précise n’a jamais pu justifier la présence des animaux. Les eaux usées, l’afflux touristique, la stimulation alimentaire étant des pistes…

C’est bien cette dernière raison qui pourrait justement expliquer la venue, samedi matin, du requin bagué dans le lagon de Poé. Car les gardes nature sont tombés sur des viscères de cerf. Ceux-ci étant non décomposés, les autorités supposent que la carcasse venait d’être déposée, rendant le squale très excité.

Après avoir évacué les restes de viscères que le tigre allait dévorer, les gardes nature ont prévenu les pompiers de la commune qui ont mis en place une surveillance commune. Les quelques baigneurs ont été prévenus et priés de quitter l’eau.

Lettres de menaces

Une demi-heure plus tard, le requin a disparu. « C’est de l’inconscience pure de la part des gens qui ont balancé les viscères dans le lagon. C’est inadmissible. Il faut être vigilant sur ce genre de comportements », lâche un acteur du « dossier requin ».

Un acte, s’il s’avère volontaire, complètement irresponsable, qui aurait pu être lourd de conséquences. Et qui rappelle en filigrane la lettre de menaces d’un « comité de soutien aux familles Téin-Kareu », clan expulsé en 2015 de la plage de Déva, envoyée à la mairie de Bourail et la maison Bleue un mois après l’attaque d’avril.

Un avertissement qui n’avait pas été pris à la légère. Surtout que, quelques semaines plus tard, à nouveau, des carcasses et viscères de cochon et de cerf avaient été découverts au Creek-Salé.

La province Sud n’a pas souhaité communiquer. Elle devrait sortir de son silence demain.

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