Sont-ils bien organisés? Quelles sont leurs méthodes? S’agit-il d’un attrape-touristes? Nous nous renseignons un peu sur ce qui est offert avant de pousser l’aventure plus loin. Comme les requins sont seulement attirés, leurrés et non pas nourris par les mains humaines, nous décidons de tenter le coup. Pour nous, ce sera l’une des plus fortes sensations de notre séjour en Afrique du Sud.

f7782e0e-cd31-4e7f-b1a0-982e2338408e_ORIGINALNous voici dans le petit port de pêche de Gansbaai, qui donne sur l’Atlantique Sud. Le temps est idéal. Il fait beau et ce n’est pas trop venteux. Avant de partir, le personnel de la compagnie White Shark Diving nous fait un premier briefing sur les consignes de sécurité à respecter et sur le déroulement de l’expérience.

c02531f9-2be6-4d28-abf3-0cf0ef75ee48_ORIGINALLes requins blancs aiment la température de l’eau entre 12 °C et 19 °C. Quand c’est trop chaud ou trop froid, ils migrent temporairement ailleurs. Ils sont nombreux ici toute l’année, car la température de l’eau est relativement stable et ils ont un garde-manger perpétuel à portée d’aileron: une grosse colonie de 60 000 otaries à fourrure qui vit sur l’île de Dyer, à 15 minutes au large. Ces mammifères constituent la base de leur alimentation.

Nous sommes à l’automne austral et l’eau est claire. La visibilité sera bonne, mais l’eau sera à 15 °C (59 °F). Le reste ne nous inquiète pas vraiment.

On nous fournit une combinaison de plongée (wet suit) et un masque, puis nous mettons le cap sur notre destination. Il y a rapidement des vagues de deux mètres et le bateau tangue à souhait­­.

01920379-2fee-4d8a-9753-33ce58e896b9_ORIGINALAprès un trajet d’une quinzaine de minutes, le capitaine jette l’ancre près de l’île Dyer, à l’abri des grosses vagues du large. Un membre de l’équipage descend ensuite la cage métallique, qui fait 4,5 m de long, et l’attache au bord du bateau. Nous serons plusieurs à la fois là-dedans.

Friandise rare

Un employé jette dans l’eau un petit jus de poisson nauséabond – du chum– pour attirer l’attention des squales. Ça marche, on en voit déjà un premier qui rôde autour. Notre tour arrive et nous plongeons dans l’eau dans la cage. Aussitôt, un requin blanc nous passe devant la figure à quelques pieds derrière les barreaux. Il est si près qu’on voit bien des cicatrices récentes sur le museau et les branchies.

4fa85aea-7d33-4fb7-aa31-178a9b81f7de_ORIGINALPour attirer ces grands prédateurs, la technique est la suivante: un membre du personnel du bateau manipule une grosse corde au bout de laquelle il y a un flotteur et deux grosses têtes de thon bien juteuses. Pas d’hameçon ou de ferrure, bien entendu. Le thon ne fait pas partie de l’alimentation habituelle des requins blancs. Il s’agit d’une friandise rare et goûteuse. Ils lancent et relancent l’appât à l’eau, en le laissant flotter devant la cage pour inciter les requins à venir mordre. Lorsque l’un d’eux s’approche, on nous dit de retenir notre souffle et de descendre sous l’eau pour admirer le spectacle. Le bonbon est retiré rapidement pour les agacer. Par conséquent, lorsqu’un requin blanc se dirige vers la cage pour manger le thon, on le lui enlève à la dernière seconde pour que nous voyions bien sa gueule fendre l’air (ou plutôt l’eau…) à quelques mètres devant nous. Spectaculaire! On a bien vu six spécimens plus ou moins gros de cette façon.

Nous étions dans l’eau pour le clou de la journée.

Deux mètres à notre gauche, un très gros requin passe lui aussi dans le vide, voulant manger le thon, mais sa gueule reste coincée grande ouverte dans le grillage de la cage. Son museau pénètre un peu à l’intérieur. Il reste accroché pendant quelques longues secondes dans la cage avant qu’il se déprenne, dans des bruits métalliques. Pas content du tout, il donne tout un coup de queue, un mètre devant nous, pour se propulser loin du bateau. On a très nettement senti le courant d’eau. Pensez-y, le type qui était directement en face de la gueule dans la cage a reculé et a eu toute une frousse. Une gueule ouverte à moins d’un mètre devant avec des dents coupantes comme des lames de rasoir! Une petite activité de trois heures qui nous a fait vivre de belles émotions tout en voyant de près et dans son milieu l’un des plus grands et intrigants prédateurs de la planète.

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