Gestion des requins en Afrique de l’Ouest : La Csrp se penche sur l’harmonisation des textes réglementaires
Gestion des requins en Afrique de l’Ouest : La Csrp se penche sur l’harmonisation des textes réglementaires

Pour mieux conserver et gérer durablement les populations de requins en Afrique de l’Ouest, des représentants des sept pays membres de la Commission sous régionale de pêche (Csrp), en réunion, hier, à Dakar, réfléchissent sur l’élaboration et la mise en œuvre de mesures spécifiques. Ces dernières ont notamment trait à l’interdiction du finning.

La Commission sous régionale des pêches (Csrp) a organisé, en partenariat avec l’Administration océanique et atmosphérique nationale des Etats-unis d’Amérique (Noaa), un atelier régional sur les mesures d’amélioration de la conservation des requins en Afrique de l’Ouest. En effet, cette rencontre entre dans le projet  « Renforcement des capacités de conservation et de gestion durable des populations de requins en Afrique de l’ouest ». L’objectif est l’amélioration des réglementations des pêcheries de requins et plus particulièrement l’interdiction du finning (coupe des ailerons et rejets des carcasses en mer) qui constitue une menace majeure pour les populations de Requins.

Autrefois exploités pour leur chair, pour leur huile, les requins sont aujourd’hui essentiellement recherchés pour leurs ailerons (5% du poids de l’animal) qui sont fortement convoités par les marchés et constituent ainsi le moteur du commerce de ces ressources halieutiques. Si certains pays de la Csrp ont interdit le finning, d’autres ne l’ont pas encore fait. « C’est le cas du Sénégal, de la Mauritanie et de la Guinée-Bissau », précise Babacar Ba, chef du département suivi et contrôle et surveillance de l’aménagement des pêches de la Csrp.

Il se dit persuadé que ce retard est lié simplement à des lenteurs administratives, mais la conviction de ces Etats, selon lui, n’a jamais manqué par rapport à ce problème de finning. « Nous sommes dans un espace qui regroupe sept pays pour 3500 km de côtes. Cette préservation ne peut se faire que dans un élan communautaire », préconise-t-il. M. Ba souligne que le but consiste également à proposer la généralisation du finning sous régional et d’harmoniser d’autres mesures techniques et fiscales qui seront proposées par les Etats membres pris individuellement. « Le requin est une espèce extrêmement importante dans la chaine alimentaire en mer. Mais à l’instar de toutes les espèces, le requin est aujourd’hui menacé. Par rapport à cette situation, même si des efforts ont été faits en ce sens, comme  la prise en compte de certains textes réglementaires et plans d’aménagement, la situation évolue », a-t-il fait savoir.

Pour Lamine Kamara, directeur adjoint de l’aménagement et de l’océanographie au ministère de la pêche de la Mauritanie, la présence des requis en mer est un indicateur de la santé du milieu. Il explique que ce sont des espèces qui ont un cycle de vie assez long et sont vulnérables à la pêche. « Tenant compte de leur rôle dans la chaîne alimentaire, il est essentiel de voir comment les conserver et les protéger afin de continuer de bénéficier des opportunités de ces ressources », estime M. Kamara. A son avis, le finning, c’est du gâchis en termes de protéines, de pollution.

Il reconnait que dans le dispositif juridique et réglementaire mauritanien, il n’a pas été intégré la mesure de finning. Cependant, indique-t-il, leurs gardes côtes ont légiféré une note de service interdisant aux artisans et autres pêcheurs de ne ramener que les ailerons. De son côté, Mika Diop, coordinateur du Plan sous-régional d’action pour la conservation et la gestion durable des populations de requins (Psra), précise que les participants vont faire des propositions d’amélioration de la réglementation des pêcheries de requins dans l’espace Csrp.

Il s’agira, plus particulièrement d’harmoniser l’interdiction du finning dans la sous région. A son avis, il faut que les requins soient débarqués avec leurs ailerons attachés. « Nous essayons d’aménager la réglementation de pêche dans la sous région avec des proposition de fiscalité, de mesures techniques qui permettent de faire une bonne gestion de ces ressources », indique M. Diop. Pour ce dernier, les conditions d’exploitation de ces ressources dans l’espace Csrp doivent être les mêmes dans les pays membres.

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