Le Comité opérationnel de réduction du risque requin à La Réunion (CO4R) s’est réuni le 10 novembre 2015 pour faire un point d’étape sur l’avancée des différents programmes de prévention du risque requin, soutenus par l’État et les collectivités locales ( Région et communes) et portés par les acteurs locaux.

En préambule, la préfecture rappelle qu’en matière de prévention et d’information, « les communes sont chargées de la mise en place d’une signalétique adaptée rappelant la nature du danger et les mesures réglementaires en vigueur ».

En outre, il est rappelé les principes définis par l’arrêté préfectoral du 13 février 2015 :

Cette réglementation est basée sur « la restriction de certaines activités (la baignade et les activités nautiques utilisant la force motrice des vagues) dans la bande des 300 mètres. Ces activités peuvent toutefois se pratiquer dans » :
– le lagon,
– les espaces aménagés et surveillés hors lagon.

L’ alternative à l’interdiction a été réaffirmée par la possibilité offerte aux communes de créer des zones d’expérimentation opérationnelle.

En clair, il s’agit « d’espaces aménagés et définis par l’autorité municipale dans lesquels peuvent être menés un ou plusieurs projets de sécurisation, de surveillance et de réduction du risque requin, et dont les conditions d’accès et les catégories d’usagers seront définies par arrêtés municipaux ».

Sur le plan opérationnel, les initiatives engagées formeront ensemble des « barrières de protection successives » face au risque requin. Elles permettront d’envisager « une reprise progressive des activités les plus directement exposées ».

Mesures mises en œuvre par les communes

Une présentation détaillée a été faite par les communes littorales engagées dans des projets de sécurisation des zones de baignade et d’activités nautiques.

« Outre les filets de protection pour la baignade sur les communes de Saint-Paul et de l’Etang-Salé, les communes de Saint-Paul, Saint-Leu et Saint-Pierre ont engagé des procédures d’appels d’offres en vue de trouver des solutions adaptées de sécurisation à leur littoral (filets, dispositifs de répulsion et de surveillance des requins, système d’alerte pour les usagers…). Des travaux de pose de filets sont actuellement en cours sur les sites de Boucan-Canot et des Roches-Noires (commune de Saint-Paul), ceux-ci seront prochainement ouverts à la baignade ainsi qu’aux sports de glisse (activités nautiques utilisant la force motrice des vagues) ».

Point d’étape relatif aux projets en cours

Expérimentation opérationnelle « Vigies requins renforcées » (VRR)
« La ligue réunionnaise de surf (LRS) met en œuvre depuis la fin du mois d’avril 2015 un dispositif spécifique de surveillance et d’alerte intégrant les évaluations scientifiques successives, combinant des équipes subaquatiques, nautiques et terrestres ».

Ce dispositif est actuellement déployé au sein des zones d’expérimentation opérationnelle ouvertes sur le littoral de la commune de Saint-Paul, au bénéfice des membres du « pôle espoir » de la ligue réunionnaise de surf et de leurs partenaires d’entraînement. Les conditions de l’extension de ce dispositif sur d’autres secteurs du littoral ainsi qu’en direction d’un public plus large ont été évoquées. Elles pourront être retranscrites dans le cadre d’arrêtés municipaux particuliers, qui seront portés à la connaissance du public, et auxquels il conviendra de se référer.

Projet « Caprequins 2 »
Déployé dans un objectif de réduction du risque requin, ce dispositif expérimental piloté par le CRPMEM se poursuit, comme le souligne la préfecture.

Soutenu par l’État, la Région et plusieurs communes, il fait appel à « deux techniques de capture dont la smart Drumline, innovante, et la palangre de fond ».

Ces techniques sélectives, développées à La Réunion, permettent « le ciblage des seuls requins potentiellement dangereux (requin bouledogue et requin tigre), la relâche systématique des autres espèces ainsi que la poursuite des marquages ».

« Initialement expérimenté sur le littoral de la commune de Saint-Paul, ce programme est également déployé depuis le mois d’août 2015 sur Trois-Bassins, Saint-Leu, Etang-Salé et Saint-Pierre ».

Depuis cette date, il a permis la capture ciblée de 13 requins bouledogue et de 12 requins tigre. Un retour d’expérience a eu lieu à la suite de la capture exceptionnelle d’un grand requin blanc en baie de Saint-Paul le 15 octobre 2015, afin de déterminer la conduite à tenir si une telle situation se produisait de nouveau.

Programme ECORECO-RUN
Coordonné par l’Université de La Réunion depuis mi-2015, ce programme scientifique s’intéresse aux « thématiques de l’écologie trophique et de la génétique, reposant sur l’analyse des captures réalisées dans le cadre de Caprequins 2 ».

La préfecture précise que ce programme comprend également une « analyse du comportement de reproduction, permettant d’affiner les premières hypothèses émises dans le cadre du programme CHARC concernant le niveau des stocks de requins ».

S’y ajoute « un volet sur l’analyse comportementale des requins prévoyant une analyse de leur comportement à fine échelle (projet d’expérimentation de pose de capteurs de type caméras et balises sur un requin tigre et un requin bouledogue pour mieux comprendre les caractéristiques de leurs déplacements en secteur côtier) ».

Les mesures d’accompagnement et de structuration

Installation du Centre de Ressources et d’appui sur le risque requin
La mise en place d’un centre de ressources et d’appui sur le risque requin est engagée depuis le 1er septembre 2014. L’objectif est de créer une structure dédiée d’expertise pour organiser dans la durée la réponse des pouvoirs publics face à un risque permanent. Le centre de ressources et d’appui mobilisera l’ensemble des compétences locales pour animer et mettre en œuvre un plan d’actions pluriannuel couvrant la période 2015-2020.

Coopération régionale
La préfecture annonce que La Réunion accueillera du 25 au 27 janvier 2016 un atelier régional portant sur l’identification des différentes espèces de requins. « Organisé dans le cadre du programme « Smartfish » conduit conjointement par la commission de l’Océan indien (COI) et l’organisation des Nations Unies la FAO, cet atelier réunira des participants de La Réunion, de Madagascar et des Comores ».

L’objectif de cet atelier consiste à former les acteurs en charge du contrôle des pêches, afin de « limiter les prises accessoires de requins par les flottes de pêche exerçant une activité dans l’Océan Indien. Cet atelier concerne directement les acteurs impliqués dans les démarches de réduction du risque requin à La Réunion, dans la mesure où il permet d’accentuer la sélectivité des captures par la distinction des espèces potentiellement dangereuses pour l’homme (requins tigre et bouledogue), et celles dont la préservation est recherchée en raison de leur rôle dans l’écosystème (requins de récifs…) ».

Commentaires sur les requins