Attaque de requin - 5 mars 1990, un surfeur est attaqué par un requin bouledogue à la Réunion
Attaque de requin - 5 mars 1990, un surfeur est attaqué par un requin bouledogue à la Réunion

 » J’ai eu la peur de ma vie « . Le surfeur âgé de 34 ans, originaire de Bras-Panon, qui ce matin vers 11 heures a été attaqué par un requin tigre, ne devait certainement pas s’attendre à une telle rencontre.

Ce matin, en allant tranquillement s’adonner à son sport favori sur le spot de surf du Butor à Saint-Benoît, il pensait sûrement profiter à fond des bonnes vagues de l’Océan Indien et surtout ne pas se retrouver nez à nez avec ce squale d’au moins 1,50 m de long dont les attaques peuvent parfois être mortelles.

Cette mauvaise rencontre lui a coûté seulement deux petites morsures sur le postérieur. En revanche, sa planche de surf a bel et bien été déchiquetée par le requin.

C’est en fait à une cinquantaine de mètres à peine du bord que Olivier, dit Shorebreak, a été attaqué par le requin visiblement affamé. Il raconte en détails ce qu’il s’est passé.

« Il y a eu un premier moment qui m’a projeté de ma planche. Là, j’ai compris que c’était une attaque. Ensuite, il est revenu. Il m’a rechargé et là je lui ai redonné ma planche. A un moment, il a râlé ma planche. Et ensuite il est parti. Je suis allé chercher ma planche. J’ai alors pris la première mousse qui arrivait. Je suis sorti. Dès que je suis arrivé sur le bord, j’ai vu que c’était bon pour moi, que j’étais entier. Plus de peur que de mal. Je suis vachement chanceux « , explique Olivier tout en gardant le sourire.

Au moment de l’accident peu banal, le surfeur évoluait entre deux vagues. Soudain, dixit de la bouche de la victime, il a vu une  » énorme masse noire s’approcher de lui, sur le côté arrière droit de sa planche. Dès que j’ai vu cette masse, j’ai remis ma planche en direction de cette masse. Il y a avait beaucoup de remous d’eau. Ce sont des bons réflexes, je crois que c’est ça qui m’a sauvé « .

Au fur et à mesure, il se remémore chronologiquement l’événement pour le moins anodin.  » J’étais rentré dans l’eau vers 9 heures. Je nageais depuis deux heures quand j’ai voulu prendre une grosse vague pour sortir. Là, je me suis fait surprendre par une attaque de requin qui s’est jeté sur moi. J’ai dû me défendre. Je me suis servi de ma planche comme bouclier « , poursuit-il.

Tant bien que mal, après de longues secondes où il se cachait derrière sa planche, il a alors réussi à repousser le requin et a retrouvé la terre ferme. Il a nagé sur plusieurs mètres, les jambes quasiment à son cou, nageant aussi vite qu’il le pouvait pour échapper aux dents de la mer.

Des amis à lui, sont arrivés sur place. Ils ont pu constater que leur copain de surf n’avait quasiment rien, seulement deux petites égratignures mal placées.

L’événement rappelle l’attaque qu’a connue Rémi Lorion il y a six ans à peu près à la même période. Le 27 mars 2004 en effet, le surfeur lors de sa toute première compétition de surf de Saint-Benoît, au niveau de la Gare, avait été attaqué par un requin.

Il avait été attrapé puis relâché par le gros poisson aux dents acérées. Il avait été quitte pour une morsure de 40 centimètres qui aurait pu lui coûter la vie si un garrot n’avait pas été fait avec un T-shirt rapidement après l’accident.

Malgré ces incidents, les surfeurs n’ont pas l’intention de lâcher leur planche et d’abandonner leur passion.  » Même s’il y a des morts, on va continuer à surfer. Parce que c’est inclus dans le surf. Il faut pas se dire le surf c’est la mer, le sable. On sait qu’à la Réunion, il y a beaucoup d’attaques « , termine ce miraculé.

Pour l’instant, seul le petit requin marteau, une espèce régulièrement observée en surface autour de l’île Bourbon, aurait épargné les plongeurs, surfeurs ou encore pêcheurs réunionnais.

Mais si ce poisson à l’appétit vorace n’a pas encore sévi sur nos côtes, des attaques de ses cousins très proches se sont produites au cours de ces vingt dernières années. Les requins bouledogues et les requins tigres, reconnus par l’Observatoire marin de la Réunion comme les plus dangereux pour l’homme à la Réunion.

Ce même Observatoire a recensé à ce jour pas moins de 38 attaques dont 35 ont pu être référencées précisément. En effet, trois attaques supplémentaires ont simplement été citées dans l’histoire sans aucune autre référence (2 attaques entre 1913 et 1979, 1 attaque non mortelle entre 1980 et 1999).

Il faut également savoir que l’heure a une influence particulière sur le risque d’attaque. Sur ces 38 attaques répertoriées, 10% ont eu lieu avant midi, 90% l’après-midi, 25% entre 10 h et 14 h, en enfin 60% entre 16 h et le coucher du soleil.

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