Une interdiction de l’importation des ailerons de requin en Suisse ne servirait à rien. Berne ne protégerait pas ces poissons d’une chasse sanguinaire. Fort de cette conviction, le Conseil des Etats a enterré mardi par 22 voix contre 15 une motion du National.

Selon les statistiques des douanes, la Suisse importe du filet de requin, mais pas d’ailerons. Une interdiction ne permettra pas de faire pression sur les pays producteurs.

Après vérification, les trois restaurants de Suisse romande ayant de l’aileron à leur menu proposent en fait un autre plat à la place, a précisé Géraldine Savary (PS/VD) au nom de la commission.

La Confédération agit déjà pour protéger les races d’animaux en danger. Elle a notamment adhéré à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction. Plutôt que de prôner une interdiction symbolique, la motion aurait dû appeler à intensifier les efforts, selon le conseiller fédéral Alain Berset.

Ce n’est pas parce que le problème n’existe pas actuellement en Suisse qu’il ne faut pas faire un geste contre les pratiques sanguinaires de certains pays, a plaidé en vain Robert Zanetti (PS/SO). Les requins, une fois capturés et dépouillés de leur aileron, sont relâchés vivants dans la mer où ils finissent par mourir dans des conditions atroces. Certains consomment de l’aileron pour ses vertus censées être aphrodisiaques.

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