Le grand requin blanc doit son nom à la couleur blanche de sa face ventrale, contrastant avec la couleur grise de sa face dorsale. © Eric Hanauer/Alamy

Des océanographes ont perdu la trace d’un grand requin blanc au large de l’Australie. Ce grand prédateur aurait été dévoré par l’un des siens.

Le régime alimentaire du grand requin blanc est très varié : morses, otaries, phoques, tortues de mer et, occasionnellement, certains cétacés. Ce carnivore serait-il aussi cannibale ? L’hypothèse a été soulevée par des océanographes, après qu’ils aient perdu la trace d’un grand requin blanc femelle de trois mètres, portant une balise. Cette dernière servait à mesurer les températures ambiantes des profondeurs de l’océan.

Quatre mois après la pose de la balise au sud-ouest de l’Australie, en 2003, les données révèlent que ce requin a brusquement plongé à 580 mètres de profondeur. Les températures auraient dû chuter en conséquence. Elles grimpent pourtant de 8°C à 26°C. Les chercheurs en concluent alors que l’animal a été attaqué, dévoré et que la balise s’est retrouvée coincée dans le ventre d’un prédateur.

Pendant sept jours, la balise se déplace à la surface de l’océan et enregistre constamment la même température : 26°C. Elle a finalement été retrouvée sur une plage, à plus de 4 km de l’endroit où elle avait été posée sur le requin.

Les océanographes sont perdus.  Quel prédateur serait suffisamment puissant pour tuer et manger un monstre comme le grand requin blanc ? L’un de ses congénères.

« Le cannibalisme est assez courant parmi les requins, chez les jeunes comme pour les adultes, explique Camrin Braun, doctorant à l’Institut Océanographique du Massachussetts (Etats-Unis). Le grand requin blanc, à l’alimentation varié, devient opportuniste lorsqu’il doit se nourrir. Il chasse ce qu’il a en face de lui. »

Mais cette hypothèse n’explique pas tout. La température moyenne de l’estomac d’un grand requin blanc varie entre 18 et 21 °C, voire moins dans les grandes profondeurs. C’est beaucoup moins que les températures enregistrées par la balise.

« Notre spécimen a peut-être été attaqué par un autre super prédateur. Un orque, par exemple », suppose Camrin Braun. L’orque est le seul autre animal capable d’attaquer un grand requin blanc. Et la température ambiante de son estomac est plus élevée que celle du requin. Le mystère reste entier.

 

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